Témoignage Bill Debruge On Fait la Route Ensemble
Partageons, vous et moi, notre passion de la Radio …!

Bill Debruge France BleuBill Debruge  animateur pionnier d’On Fait la Route Ensemble, témoigne de l’avènement d’un concept d’utilité publique,il expose sa vision de la naissance du concept :

 

« Je revois Claude Hemmer entrer dans le studio et me dire : « tu as entendu ? », moi : « quoi ? », Claude : « ce que l’auditeur vient de dire ! ».Oui j’avais entendu mais pas retenu ! Dans une phrase un auditeur plaçait quelques mots qui résumaient au plus juste ce qui se passait depuis quelques jours sur France bleu 107.1 à Paris (France bleu Île de France à l’époque) : ON FAIT LA ROUTE ENSEMBLE.

Capter l’air du temps et le diffuser

Cette phrase que Claude venait de capter et capturer deviendra la signature de France bleu dans cette région et sera reprise quelques temps plus tard par un grand nombre de stations du réseau. Au delà de la phrase, On fait la route ensemble est un échange d’infos, de service mais aussi un formidable espace dans lequel peut s’exprimer, la plus courte et belle définition de la radio qu’il m’ait été donné de lire (Merci Philippe Labro). Capter l’air du temps et le diffuser.

Nous sommes à l’automne 2007, la région est paralysée par une grève qui impacte évidemment les transports et fige aux heures de pointes les automobilistes sur les routes. Nous n’avons pas au creux de notre main, le flux d’infos qui nous inonde aujourd’hui, puisque l’iphone 1 vient tout juste de sortir et que « réseaux sociaux »,sont des mots peu usités. L’info trafic à ce moment là redevient naturellement la force de France bleu, nous avons les outils, les journalistes pour offrir une info de qualité et nous comprendrons vite devant le nombre étonnant d’appels que nous avons aussi l’irremplaçable, nos auditeurs.Ils deviennent les 1ers témoins d’un problème sur la route ou dans les transports en commun, les 1ers porteurs d’une solution, les 1ers à vérifier, enrichir, préciser une info donnée par nos journalistes. Grâce à eux l’info gagne en rapidité, nous faisons un grand pas vers le temps réel.

Ils veulent participer, aider, s’inscrire dans une communauté pour laquelle la voiture est devenue une seconde maison, pour laquelle les erreurs, les mauvaises décisions, le manque d’anticipation en matière d’infrastructures (mais c’est un autre débat), ont l’effet d’un hold up quotidien sur ce que nous avons tous de plus précieux : Le temps.

 Des tranches de vie chaque jour sur l’antenne

Nos auditeurs deviennent donc très actifs, nous leur laissons la place qu’ils méritent dans nos émissions qui s’arrêtaient à 19 heures. Claude Hemmer a donc décidé que nous garderions l’antenne après 19h00 et qu’elle serait ouverte aux auditeurs. Mais qui pour animer une tranche qui venait de naître en cours de saison ? Il n’y aurait pas un nouvel animateur mais  une partie de l’équipe en place se partagerait la semaine. J’ai du en faire trois par semaine pendant un long moment, en plus de la matinale. Ce fut une expérience très riche, très excitante et les nombreux échanges avec Claude nous ont vite fait comprendre que nous pouvions, que nous devions aller plus loin. Oui le trafic, les infos données par nos auditeurs sont primordiales mais n’allions nous pas tourner en rond lorsque les soirées reprendront un caractère plus classique, après les grèves ? Non et re non car si l’info trafic restait la base solide de l’émission, il fallait qu’il se passe quelque chose de plus et tous les soirs, être en alerte, concentré, en phase avec l’auditeur, l’actu, en phase avec Paris et la région.

Et nous avons fait naître, je crois de bons moments, les exemples ne manquent pas, je me souviens de cette personne appelant pour nous signaler un gros bouchon qui la mettait très en retard pour assister à un concert. Après s’être laissé guidée par celles et ceux qui connaissaient les bonnes et petites routes, elle entra en direct dans la salle, commenta ce qu’elle voyait, la première partie venait de se terminer, elle pouvait assister à son concert. Un soir je décidai de chercher l’auditeur le plus éloigné de Paris pensant que nous irions jusqu’à une frontière de la région, et bien c’est un auditeur, en voiture qui nous écoutait depuis Londres en Onde Moyenne qui nous a fait un point trafic londonien, aucun intérêt pour l’importance de l’info mais un moment imprévu et dépaysant. Autre recherche un autre soir, qui conduit la voiture la plus neuve ? Au bout de 10’, cette femme qui sortait son véhicule du garage avec au compteur 20km, imbattable. Utile souvent, léger parfois, étonnant, souriant, surprenant. En direct un soir, un auditeur commente des coups de feu sur l’autoroute, devant lui des personnes armées sont sorties d’un fourgon et courent sur l’autoroute, quand des faits graves se déroulent, une rue, une route, une autoroute en sont très souvent le théâtre et nos auditeurs les témoins.

Il fallait certes une petite maîtrise de la radio pour réussir l’exercice mais surtout un état d’esprit, l’envie de partager, de donner l’impulsion pour faire naître des histoires et une concentration forte pour ne pas laisser passer un moment qui, s’il est bien façonné doit être le point de départ d’une soirée étonnante, différente.

 Les routiers sont sympas 2.0

Télérama dira « les routiers sont sympas 2.0 », ça me va. Voilà donc comment est né « On Fait la Route Ensemble », non pas d’une série de réunions interminables, nos pas d’un brainstorming ou d’une étude commandée, non, cette émission est née on ne peut plus naturellement, inventée par nos auditeurs, pour eux mêmes, mais il fallait à l’autre bout des professionnels concernés et impliqués dans notre mission, le service et le plaisir.

Je m’accorde sans prétention une partie de paternité de la réussite de ce concept pérenne , j’y ai passé des heures intenses et légères et si cette phrase vit toujours 8 ans après sur l’ensemble du réseau France bleu c’est qu’elle est forte et juste.

Merci Claude d’avoir su capter et diffuser ON FAIT LA ROUTE ENSEMBLE.